From Rasht to Téhéran
Darius Dolatyari Dolatdoust
Structure
La Tôlerieau 11.07.2026
Vernissage
03.07.2026, 18hHoraires
du mercredi au samedi de 14h à 18hTarifs
gratuitSites internet
Visuel : Darius Dolatyari Dolatdoust
From Rasht to Téhéran
Darius Dolatyari Dolatdoust
From Rasht to Téhéran s’attache ici à déconstruire les notions d’héritage culturel en revisitant les origines iraniennes de l’artiste, à travers la représentation de plusieurs épisodes du trajet d’exil de son père. Sous forme de témoignages sonore et visuel (de miniatures en peinture à des tableaux de feutre), cette installation ouvre la potentialité d’une histoire personnelle à devenir collective et politique.
Cette installation se compose de trois structures en bois : des arches ouvertes qui dessinent un angle. L’artiste les nomme «portes-tombes», petites architectures verticales, à la fois fragiles et symboliques, dressées comme des seuils entre mémoire et oubli. Inspirées des formes italo-grecques, elles convoquent une culture européenne partagée, entre Athènes et la Toscane, entre mythe fondateur et héritage transmis.
Chacune de ces voûtes abrite, sur sa face extérieure, un feutre de laine. Ce feutre a été conçu à partir d’images d’archives représentant le père de l’artiste durant son enfance en Iran, peu avant son départ pour la France, puis plus tard, une fois installé. À ces images s’ajoute une pochette brodée renfermant une enceinte discrète, d’où s’échappe un témoignage audio : la voix du père y raconte sa vie avant l’exil, son intégration, puis sa désintégration progressive en terre étrangère.
Ces pochettes sont accompagnées de petites peintures, accrochées à l’intérieur des structures, illustrant certains passages de l’enregistrement. À l’instar des fresques de la basilique Saint-François d’Assise, la narration se déploie dans l’espace et le mouvement du corps ; ici, la fresque est remplacée par le feutre, les pigments sont fixés sur un support mobile, et c’est la vie d’un profane, non celle d’un saint, qui se donne à lire et à entendre.
Cette œuvre explore l’intime pour mieux interroger le collectif. Elle tisse un dialogue entre une culture iranienne transmise par filiation et une culture gréco-romaine acquise par l’éducation, faisant émerger un espace tiers, hybride, où les frontières entre histoire personnelle et mémoire collective s’estompent. Le spectateur est invité à circuler, à écouter, à contempler à s’immerger dans ce récit suspendu entre deux mondes.
En partenariat avec la Biennale textile – Clermont-Ferrand / Mille Formes