Carnation
Jacqueline Salmon
Structure
Galerie Françoise Bessonau 10.07.2026
Vernissage
14.05.2026, 18hHoraires
du mercredi au samedi de 14h30 à 19hTarifs
GratuitSites internet
Visuel : Jacqueline Salmon
Carnation
Jacqueline Salmon
Jacqueline Salmon photographie ce que personne ne voit, ou ce que tout le monde s’emploie à ignorer. Un morceau de corps, un linge de pudeur, une fleur discrète, autant de points aveugles qu’elle élève en sujets et de figures qu’elle réincarne en corps de chair.
Carnation, le nom anglais de l’œillet dérivé du latin carnis – la chair –, porte en lui l’incarnation même : celle d’un corps floral, celle d’un corps charnel. L’œillet rappelle la vanité de toute chose et de tout être. Il dit ce que la peinture tait : tout corps, même divin, est périssable. Il est l’écho qui renvoie la figure peinte à sa propre chair et à sa propre finitude. Sous l’objectif de Salmon, le Christ lui-même dévoile son humanité. En faisant du périzonium son sujet, elle transforme ce voile de pudeur en aveu ; l’aveu d’un corps sexué. Les Èves, voilées de feuillages, se muent à leur tour en corps anonymes, libérées de leurs références mythologiques et bibliques pour n’être plus que peau. En voilant le sexe de ces Èves, Salmon déjoue les regards pour révéler les corps.
Sous son regard, rien n’échappe à sa propre carnation. Et chaque figure nous tend un miroir, nous renvoyant à la fragilité de notre propre chair.