Accueil Actualités Traversée[S]
Traversée[S]
Isère
Exposition

Traversée[S]

Anne-Laure H-Blanc

Structure

Le VOG
Du 07.02.2026
au 28.03.2026

Vernissage

07.02.2026, 16h

Horaires

du mercredi au samedi de 15h à 18h

Tarifs

Gratuit

Sites internet

mairie-fontaine.fr

Exposition

Traversée[S]

Anne-Laure H-Blanc

Anne-Laure H-Blanc est une artiste française basée près de Grenoble. Enracinée dans la nature, sa pratique explore une relation immersive et sensible avec le vivant : non pas « regarder » le paysage, mais entrer en lui, l’éprouver, le laisser agir. Son travail cherche à capter ce qui, dans un lieu, tremble à peine, les frémissements visibles et invisibles, l’infime, la trace, la respiration du monde, pour inventer d’autres façons d’interagir avec lui.

Au cœur de sa démarche, le dessin sensible s’impose comme un langage du corps. Il est geste, rythme, souffle, contact. Dans l’expérience in situ, le corps devient médium : il rejoue quelque chose du paysage et s’y accorde, comme une membrane attentive. Percevoir avec acuité, ici, ne relève pas d’un simple dispositif rétinien : c’est accueillir ce qui se trame autour de soi, mais aussi en soi. Arpenter, s’imprégner, s’immerger, collecter, se laisser surprendre, être là, sans attentes. Le paysage n’est plus une image devant laquelle on se place, mais une présence avec laquelle on co-existe.
Pour son exposition au VOG, Anne-Laure Blanc interroge notre lien au paysage au- delà du simple regard. Elle développe une pensée de l’« em-paysement » : un déplacement de posture, qui nous fait passer d’une relation frontale à une relation charnelle, entière, où les sens et le corps deviennent les véritables outils du dialogue. Dans un temps où la crise de la sensibilité fragilise notre capacité à entrer en relation avec ce qui nous entoure, l’artiste propose un retour à l’écoute, à l’attention flottante, à l’expérience vécue, comme une traversée intérieure autant qu’un chemin dans le dehors.
Ses résidences et expériences en France et en Asie, en milieux naturels comme urbains, ont nourri une pratique fondée sur la marche, le dessin en mouvement, la collecte, l’utilisation de matériaux naturels, le frottage et l’estampage in situ, ainsi que des « prélèvements » visuels par la photographie. Ces tactiques déplacent les repères, ouvrent une disponibilité neuve, et rapprochent l’artiste de l’émotion précise, de la sensation comme révélateur. Les éléments naturels, par leur puissance d’agir, deviennent alors des partenaires à part entière : le travail se construit dans l’interaction et la co-création.
L’exposition réunit peintures, estampes, dessins, installations et récoltes, comme autant de fragments d’expériences sensibles. Chaque œuvre témoigne d’un dialogue intime avec le paysage, non comme représentation, mais comme restitution d’un état, d’une traversée. Ainsi, le parcours se déploie comme une cartographie sensible des lieux traversés : une constellation de moments de monde, mis en résonance, pour inviter le visiteur à habiter le paysage… et à se laisser habiter par lui.
Traversée[S]