LA BF15 / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // RHÔNE

Julien Dubuisson, Dough

du 10 septembre au 14 novembre 2020

Vernissage : le 10 septembre 2020 à 18h

Commissaire d'exposition : Perrine Lacroix

Horaires : du mercredi au samedi, de 14h à 19h. L'exposition est fermée temporairement du fait du confinement.

Entrée libre et gratuite

Structure : La BF15

Site internet de la BF15
Site internet de Julien Dubuisson

 

Je me suis d’abord concentré sur la production de sculptures très compactes, je tenais à ce qu’elles soient pleines. Plus tard, j’ai continué à fabriquer des formes compactes mais qui pouvaient aussi se déplier. Certaines ont pris la forme d’espaces, l’une d’elles est même devenue un décor que j’ai construit dans mon jardin. Comme ces choses étaient un peu compliquées à montrer, j’ai commencé à les filmer. Parfois il fallait les manipuler, alors j’ai filmé aussi les gestes. Petit à petit je me suis aperçu que ces gestes m’intéressaient tout autant que les formes que j’avais produites. J.D.

Nous utilisons quotidiennement des objets que nous n’avons pas fabriqués, et pourtant ils habitent chacun de nos gestes, et nous affectent en profondeur. Lorsque leurs formes sont reconfigurées, « reprogrammées », qu’elles ne sont plus corrélées à un usage ou une fonction, que continuent-elles à produire sur nous, sur les sensations, les sentiments ou sur les souvenirs ?

Dough est une entreprise de modification et de défiguration des choses, qui fonctionne sur le principe d’un organisme. Un organisme qui travaille, dans l’humidité de la terre, à la transformation continue des formes, et qui tente, par le déplacement des volumes et des lignes, de révéler des formes à l’intérieur de ces formes elles-mêmes. 
Pour Dough, Julien Dubuisson transforme La BF15 en atelier. Pendant toute la durée de l’exposition, un performeur modèle de l’argile sur des tables, travaille la terre comme une pâte à partir d’une série de formes préparées en amont par l’artiste. La gestuelle ouvre ainsi  “une autre issue, celle d’une intégration de l’individu dans un dispositif créateur non plus d’espace et de temps, mais de formes “ 1.  Celles-ci sont le plus souvent prises dans une sorte d’intervalle, un état intermédiaire, dans lequel des éléments du monde, tel qu’on le connaît, sont au bord de l’effacement. Tout au long du processus de transformation des formes, persiste une singulière familiarité, un héritage formel dans les lignes et les textures. 

Sous la verrière se déploie Pavillon nocturne . Inspiré par la pièce d’Alberto Giacometti Le Palais à 4h du matin (1932), les personnages ont été remplacés par des formes, l’histoire par les relations que ces formes entretiennent entre elles, les récits qu’elles portent ainsi que leur inscription dans l’histoire de l’art.  

Julien Dubuisson © vue d’atelier, avril 2020