LE CREUX DE L'ENFER - CENTRE D'ART CONTEMPORAIN D'INTÉRÊT NATIONAL / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // PUY-DE-DÔME

Hélène Bertin, Cahin-caha

L'exposition, initialement prévue du 1er novembre 2020 au 7 février 2021, est reportée à une date ultérieure. 

Vernissage : le vernissage, initialement prévu le 31 octobre 2020, est annulé à cause de la crise sanitaire

Horaires : du mercredi au dimanche, de 14h à 18h. Fermeture entre le 3 et le 19 janvier 2021. 

Entrée libre et gratuite

Structure : Le Creux de l'enfer - Centre d'art contemporain d'intérêt national

Site internet du Creux de l'enfer
Site internet de l'association AWARE

L’exposition est coproduite par AWARE : Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, qui a décerné son prix éponyme à Hélène Bertin en 2019.

"Du tilleul à la tasse, du bâton à l’outil, du récit au rituel ; au gré des rencontres et de l’exploration des matières et des formes, Hélène Bertin façonne avec jubilation des objets, des sculptures, des environnements, lieux d’usages et de partages.

Faisant confiance à son intuition, Hélène Bertin articule pleinement ses projets artistiques à sa façon de nicher dans le monde. Adepte de la posture du pas de côté, des modes de vie et des usages qui ont résisté à la culture dominante, elle butine dans les pratiques du céramiste, du paysan, du couturier, du cirier... croisant avec une joie non dissimulée cette attention du faire et du penser.
De son village de Cucuron à celui de La Borne, en passant par Sablons, Hélène Bertin se fidélise à plusieurs terres, empruntant les petits itinéraires, parcours sinueux des sentiers guidant vers des lieux puissants de création. Ici et là, elle croise et participe à des expériences avec des personnes habitées d’une pratique aussi vivante que nourrie de mémoire. Concevant à deux ou quatre mains, elle est attentive à ce qui peut advenir d’un dialogue des gestes et des formes, d’une hybridation des voix et des matières.

Les mains d’Hélène Bertin sont guidées par la beauté crue et naturelle des matières qu’elle manipule avec la simplicité d’une impulsion. Elle plante aussi naturellement qu’elle dessine, découpe ou tresse des brins de seigle ou des crins de cheval. Elle est particulièrement sensible à la diversité technique de la céramique qu’elle explore depuis longtemps. Ici, elle modèle les petits pieds humains d’une tasse ou bien roule et écrase les plaques d’argile de futurs pantins et contenants d’un théâtre d’exposition. Là, elle assemble les jambes de nouveaux animaux clopin-clopant ou extrude avec sagacité les silhouettes de futures bulles dont le ventre se détend sous leur poids de terre. Ironie du sort, les bulles ensuite calcifiées par le lent processus de fontaines pétrifiantes, se changent en pierres.

Se déployant sur l’ensemble du Creux de l’enfer, l’exposition Cahin-caha propose un vaste aperçu du travail et des recherches menées par l’artiste et bande un arc du temps humain ponctué de trois grandes installations. Le jardin d’enfants, le jardin des paniers et celui des voix sont conçus pour voyager dans les âges, enveloppés de la musique aquatique de Romain Bodart.

Cahin-caha suggère ainsi une aventure heureuse, émaillée d’évènements fortuits, un cheminement où le contingent et l’expérience du ratage peuvent livrer d’heureux hasards. Cahin-caha s’incarne ainsi en lieu de vie qui invite à freiner sa course pour prendre le temps d’observer, de manipuler, de lire, de sentir, d’écouter et de s’amuser."
Sophie Auger-Grappin