URDLA / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // RHÔNE

Gilles Pourtier, FW

du 12 septembre au 31 octobre 2020

Vernissage : le 12 septembre 2020, à partir de 14h

Horaires : du mardi au vendredi, de 10h à 18h, et pendant les expositions le samedi de 14h à 18h

Entrée libre et gratuite

Structure : URDLA

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Site internet de Documents d'artistes PACA

L'exposition est soutenue par Isabelle et Roland Carta, Ministère de la Culture - Direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Aide à la création année 2019

La semaine précédant le confinement, URDLA accueillait Gilles Pourtier pour une première résidence de recherche et de tests d’impressions. Né en 1980, vivant à Marseille, il est diplômé de l’École nationale supérieure de photographie d’Arles après un premier parcours de verrier. S’il utilise le cliché ou le déjà-vu c’est pour générer de nouvelles formes à partir de glissements formels ou symboliques. Nombre de ses projets reposent sur la variation, l’anachronisme c’est-à-dire la collision de temporalité. Pointant le propos de Barthes : « Je suis le repère de toute photographie et c’est en cela qu’elle m’induit à m’étonner, en m’adressant la question fondamentale : pourquoi est-ce que je vis ici et maintenant ? Certes, plus qu’un autre art, la Photographie pose une présence immédiate au monde une co-présence ; mais cette présence n’est pas seulement d’ordre politique (“ participer par l’image aux événements contemporains”), elle est aussi d’ordre métaphysique », il amène au questionnement : « que voyons-nous ? Comment le percevons nous ? ». Une attention est portée à chaque étape, à chaque détail, à chaque renvoi de signifié au signifiant. S’incluent dans cette visée les choix de médium, de couleur, de procédé, de cadrage. « En abandonnant le travail manuel du verrier, Gilles Pourtier a mis à distance le geste artistique du faiseur démiurge. [...] Si la photographie devient alors son moyen d’expression principal, l’utilisation qu’il en fait ne s’inscrit pourtant ni dans une tendance pictorialiste ni dans la pratique indicielle de la photo conceptuelle. Sa démarche se situerait plutôt du côté de l’enquête photographique, dans une veine quasi ethnographique [...]. Son mode opératoire s’apparente, en effet, à un inventaire vernaculaire révélant les singularités qui se nichent derrière la banalité des espaces, des actes et des gestes du quotidien» (Galien Dejean).

En 2011, Gilles Pourtier réside un an dans l’espace 3bisf, centre d’art de l’hôpital psychiatrique Montperrin à Aix-en-Provence. De la quasi-impossibilité de photographier, surgit la pratique du dessin. Ce qui s’impose est le hiatus entre dehors/ dedans, intérieur/extérieur : huit dessins de format A3, à la bombe et au crayon, figurent les pavillons individuels, métonymies des patients qu’il n’est pas autorisé à rencontrer dans leur lieu de vie. Ces Wunderblock, ainsi nommés en référence aux recherches freudiennes sur les traces mnésiques. Dans l’exposition La grande surface de réparation, fruit de cette résidence, un t-shirt portant l’inscription à base d’une émulsion photosensible « no pasture », concaténation de passé et de future, rappelle que lorsque pour un sujet, la métaphore cède sous la métonymie, sous l’effet du voisinage, le langage s’enfuit. S’éprouve dans le néologisme l’effet réel d’un lieu de confinement tel l’hôpital psychiatrique. [...]