GALERIE LE 116ART / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // RHÔNE

Dominique Blaise, Toiles

du 19 septembre au 31 octobre 2020

Vernissage : le 18 septembre 2020 à 18h

Horaires : du jeudi au samedi, de 15h à 19h, le premier dimanche du mois, et et sur rendez-vous. Ouverture pendant les Journées Européennes du Patrimoine, les 19 et 20 septembre. 

Entrée libre et gratuite

Structure : Galerie le 116art

Site internet de la Galerie le 116art
Site internet de Dominique Blaise

"Si le monochrome est le règne de l’ambiguïté comme le dit Denys Riout c’est parce que, sous cette appellation simple et consensuelle, se cache un immense éventail de discours et de pratiques. Depuis l’absolu de la couleur et la sublime contemplation façon Yves Klein, jusqu’à la rive opposée, qui met en évidence les composantes matérielles du tableau, façon BMPT, le monochrome amène à regarder la peinture « comme elle est », c’est-à-dire à la fois comme un système visuel et comme une chose concrète.

Concrètes sont aussi les toiles utilisées par Dominique Blaise pour son installation à la galerie Le 116 art, simples châssis normalisés entoilés de blanc, achetés dans le commerce. Le titre de l’ensemble, Toiles est une tautologie imparable, qui ne donnera pas de piste interprétative. C’est que, dit l’artiste dans la revue en ligne Notes, « la titulature révèle ou cache les intentions. Elle fixe ou démultiplie les effets de sens ».
Et il est vrai que ce titre donne tout de même une information, secondairement : il indique en creux un type de regard porté sur la peinture ; il dit que probablement, l’œuvre d’art réside dans le matériel qui la constitue, sans autres qualités ni interprétations sensorielles, comme l’ont postulé les courants artistiques des années 70 ; et donc que les objets proposés par Dominique Blaise sont tout entiers saisis dans leur « rayonnement pratique ».

L’agencement de ces toiles – et c’est ce qui frappe dès le premier regard – reprend souvent des objets de design illustres. De ceux qui hantent notre mémoire au point que nous les reconnaissons avant de pouvoir les nommer : les sièges de Breuer, de Charlotte Perriand amènent à notre esprit un cortège d’autres chaises, de Rietveld, Mies Van der Rohe, Mallet Stevens, Panton…
L’une des réussites de ces sculptures-fantômes d’objets, c’est de concentrer avec humour l’essence du dogme moderniste – la forme simple, la ligne, la couleur monochrome, et l’extension de cette esthétique à tous les autres domaines – tout en neutralisant leur usage utilitaire de chaises. Piéger la modernité dans des formes substantielles n’est sans doute pas le seul talent de ces œuvres. Il y règne cette jubilation procurée par l’objet déjà-là que l’on imagine commune à Dominique Blaise, à François Morellet et à quelques grands prédécesseurs, et qui nous est communiquée dans cette série comme dans tout le reste de l’œuvre. « Toujours l’objet commande sur le processus » dit Dominique Blaise, qui a si souvent articulé les propos esthétiques avec les propriétés physiques. Pousser les jeux de perspectives, les équilibres, les lois de la gravitation à leurs limites répond à des intuitions visuelles, et même sémantiques, suggérées par l’objet. [...]"
Françoise Lonardoni

© Dominique Blaise