Lionel Sabatté, Éclosion

Lionel Sabatté, oxydation sur plaques de métal, 200 × 450 cm, © Adagp, Paris 2021, photo : A.-L. Fraisse/MAMC+

Structure : Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole

du 17 septembre 2021 au 2 janvier 2022

Vernissage : le 16 septembre 2021 à 18h

Commissaire d’exposition : Aurélie Voltz, directrice du MAMC+

Entrée payante : tarif plein : 6,5€ / tarif réduit : 5€ / gratuité moins de 26 ans

Horaires : tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h. Fermetures exceptionnelles : 1er janvier, 1er mai, 14 juillet, 15 août, 1er novembre et 25 décembre

Site internet du MAMC
Site internet de Lionel Sabatté

Pour cette exposition personnelle, le MAMC+ propose une carte blanche à Lionel Sabatté sur plus de 600 m². Cet artiste français, installé entre Paris et Los Angeles, s’intéresse depuis plus de vingt ans à la transformation de la matière et son incarnation dans un étrange bestiaire, entre meutes de loups nés de la poussière, crocodiles aux innombrables écailles de pièces de monnaie et minuscules chouettes bâties de chutes d’ongles. À Saint-Étienne, une cinquantaine d’œuvres sont produites spécifiquement pour l’exposition, entre sculptures, peintures, oxydations sur plaques, installations et dessins, alternant entre le bronze, le béton et la peau.

Au fil des salles se déploie une cosmogonie propre à l’univers plastique de l’artiste, à la fois organique, minérale et animale. Un ancien châtaigner stéphanois observe une nouvelle floraison ; des champs d’oiseaux, tels des stalagmites, cohabitent avec des dépouilles de volatiles. Ils semblent former les restes de la salle précédente, cette « caverne d’oxydation » aux surfaces telluriques dorées, rouillées, verdoyantes, invitant le visiteur à une immersion initiatique dans les profondeurs souterraines. Le voyage proposé par Lionel Sabatté commence dans un magma originel et se poursuit avec quelques éclosions, livrant un regard sur le phénomène des transformations animales et végétales.

La figure humaine, émergeant dans un second chapitre, peine quant à elle à s’imposer dans ce parcours qui pourrait ressembler aux longs cycles du vivant. Fragmentaire, démembrée, faite de gravas assemblés, elle tente autant de se construire que de limiter sa ruine. Les figures désaxées, en fragile équilibre, dialoguent avec l’immense « mur des ouvertures ». Assemblage de ciment et de fer à béton, le mur forme une membrane corporelle divisant tout autant l’espace qu’associant ses faces de part et d’autre. En toute fin d’exposition, un grand tissu carré translucide, fruit de la réunion de milliers de peaux, fait écho aux multiples visages à peine esquissés sur les papiers, faits de cheveux et poussières assemblés. Suspendu et offert à la lumière traversante, ce réceptacle d’énergie clôt un parcours que l’artiste veut alchimique et ascendant.