Jean-Xavier Renaud, Karneval

Structure : URDLA

du 2 avril au 21 mai 2022

Vernissage : le 2 avril 2022, de 14h à 18h

Entrée libre et gratuite

Horaires : du mardi au vendredi, de 10h à 18h, et le samedi de 14h à 18h

Site internet de URDLA
Site internet de Jean-Xavier Renaud
Site internet de Documents d’artistes Auvergne-Rhône-Alpes

Un événement labellisé Villeurbanne 2022, Capitale française de la culture

« Karneval ramasse à la fois les préoccupations qui nourrissent la vie et l’œuvre de Jean-Xavier Renaud et annonce le déploiement de l’exposition. La langue allemande du titre sonne en écho aux origines lorraines de l’artiste et préfigure les renversements, les caricatures, les traits grossis, les sauts de puces d’une culture l’autre, d’une langue l’autre que les peintures, les aquarelles, les dessins et les lithographies portent devant nos yeux à la manière d’une parade ou d’une nef des fous. 

JxR s’inscrit dans la tradition, qui lui vaudra d’être surnommé un temps Diogène de Woippy, de ceux qui portent sur la scène sociale les folies du monde. Très tôt dans l’histoire de l’estampe, des peintres, qui magnifiaient les puissances religieuses et politiques, ont choisi les feuillets imprimés, circulant de mains en mains, pour mettre en image les souffrances et les misères, pour soutenir des révoltes. Ainsi offrirent-ils lors des Guerres des paysans, qui s’étendent de 1493 à 1525 dans le Saint-Empire romain germanique (de l’Allemagne du sud, de la Suisse, de la Lorraine allemande jusqu’à l’Alsace), des images qui favorisèrent les rassemblements, la diffusion des revendications religieuses, sociales et économiques d’alors. Atavisme lorrain de JxR ? Que l’on songe à Urs Graf & Albrecht Dürer, plus tard à Jacques Callot & Francisco de Goya, à Honoré Daumier mais aussi Georg Grosz et Otto Dix : ils sont nombreux à donner une image à ce qui échappait à la représentation. Le visiteur de notre Karneval trouvera au-delà des liens intellectuels les rimes plastiques, les proximités de langage de JxR avec ces derniers : le trait vif figure dans l’urgence ou en détail ; les relations d’une couleur l’autre servent la figuration. Les langues se mêlent : « Je suis un gamer […]. Il y a un aspect que les gens connaissent peu de mon travail, c’est que j’ai suivi toute l’évolution de la représentation graphique sur ordinateur. Ainsi, tu vois comment, avec l’avancée des possibilités techniques, le mode de représentation change et quels choix font les concepteurs ou le programmateur. Ça me fascine. Je pense que les images sont très influencées par ces données, dans le sens où je m’autorise des représentations simples. Une tête, c’est trois points, il n’y a pas besoin de plus. C’est un langage comme un autre, je peux aussi l’utiliser. » Ainsi JxR engage une porosité des langues : un avatar du jeux vidéo « Genital Jousting » apparaît dans un groupe d’hommes et de femmes. » […]
Cyrille Noirjean