Guénaëlle de Carbonnières, Au creux des pierres, les plis du temps

Guénaëlle de Carbonnières, Creuser l'image, 2022, série de tirages argentiques dessinés et gravés

Structure : Galerie Françoise Besson

du 17 mars au 14 mai 2022

Vernissage : le 17 mars 2022, à partir de 17h

Entrée libre et gratuite

Horaires : du mercredi au samedi, de 14h30 à 19h, et tous les jours sur rendez-vous

Site internet de la Galerie Françoise Besson
Site internet de Guénaëlle de Carbonnières

Exposition organisée avec le soutien aux galeries / expositions du CNAP – Centre national des arts plastiques et en partenariat avec le Musée Gallo-Romain de Saint-Romain-en-Gal

Selon Jean Cocteau, « Le temps des hommes est de l’éternité pliée ». Plisser, plier, creuser, révéler la mémoire et le temps, c’est dans cette quête constante d’un resurgissement du passé que Guénaëlle de Carbonnières mène ses recherches. 

Les vestiges antiques nourrissent son regard pour proposer une vision contemporaine de ces lieux de mémoire-oubli : intrinsèquement lié au souvenir, l’oubli est constitutif du mystère de ces lieux qui nous interrogent et que l’on ne peut comprendre que par hypothèses scientifiques. Selon Gilles Deleuze et Félix Guattari, « un monument ne commémore pas, ne célèbre pas quelque chose qui s’est passé, mais confie à l’oreille de l’avenir les sensations persistantes qui incarnent l’événement. » La dimension tangible – nécessairement fragmentaire et incomplète – des pierres qui nous relient aux civilisations passées, permet une exploration de notre psyché, à la fois collective et personnelle. 

Attachée à une démarche philosophique, qui constitue sa formation initiale, l’artiste perçoit intuitivement la démarche archéologique qui vise à la sauvegarde et à la compréhension des vestiges constituant une partie émergée de nos civilisations. Guénaëlle de Carbonnières rend perceptible le dessein de ces archéologues qui ont des « mains qui pensent ». 

Laurence Brissaud, archéologue, évoque ainsi la démarche de l’artiste : « Elle rejoint l’essence de mon travail : lire à travers le paysage actuel des réminiscences du passé, des éléments qui demeurent ancrés dans les plis du temps, dans certaines élévations, comme autant de rides porteuses d’histoires qui s’offrent à nous. Il s’agit de déceler dans les livres de terre que sont les coupes stratigraphiques, ces traces ténues qui nous relient aux temps révolus. Guénaëlle de Carbonnières nous propose en filigrane, au travers de ses œuvres, sa perception intime du temps, des sites archéologiques qui survivent aux hommes. Elle nous fait découvrir sa lecture personnelle, évanescente et intemporelle des ruines, qui comme le dit Alain Schnapp, constituent un savant équilibre, parfois menacé, entre la mémoire et l’oubli. »