Clément Montolio, Je vis dans les profondeurs de vos rêves

Clément Montolio, "Sans titre", 2020, acrylique sur toile, 51 x 60 cm

Structure : Galerie Françoise Besson

du 18 novembre 2021 au 8 janvier 2022

Vernissage : le 18 novembre 2021 à 18h, en présence de l’artiste

Entrée libre et gratuite

Horaires : du mercredi au samedi, de 14h30 à 19h, et tous les jours sur rendez-vous

Site internet de la Galerie Françoise Besson

Je vis dans les profondeurs de vos rêves, septième exposition personnelle de Clément Montolio à la galerie, présentera un ensemble d’œuvres sur papier et sur toile. Clément Montolio, premier artiste à avoir été défendu par Françoise Besson, avant même qu’elle ne devienne galeriste, est celui qui lui a soufflé cette voie. Initiateur d’une vocation et peut-être d’une ligne, suivie depuis, autour des notions de temps, mémoire, transmission et vivant. C’est de temps et de mémoire qu’il s’agit plus précisément aujourd’hui.

Depuis plus d’un an, Clément Montolio conçoit ses tableaux à partir d’images souvenirs de ses proches, reliés pour la plupart au paysage, suivant un penchant pour les lieux déserts comme abandonnés au mystère et à la solitude. Un soir avec son épouse, en quête de prises de vues nocturnes, il vit une expérience troublante durant laquelle celle-ci disparait momentanément de son champ de vision à la faveur de l’obscurité épaisse. Il lui semble alors que le temps se dilate jusqu’à devenir une étendue immense.

Plusieurs semaines après, un tableau naît de ce moment, S.B. Nocturne à Priay. Entre la photographie et le tableau, il y a une bulle de temps. En présence du tableau, l’artiste retourne au passé et au cheminement dans le temps, prend conscience que le futur est contenu dans le présent de l’expérience vécue.

Le tableau restitue non pas la scène vue mais la vision d’une réalité tout autre. Dans la distance avec le sujet le présent contient le futur et le futur se vérifie dans le passé.

D’une certaine manière, le temps semble faire un retour sur lui-même à travers les tableaux de Clément Montolio. Il en va de même dans le processus de recours aux images-souvenirs de ses proches. Se les réapproprier, de même que les contempler, c’est aussi faire l’expérience d’un retour sur soi, sur son propre passé.

Dans les mythologies nordiques il existe des divinités que Marcel Proust évoque dans un passage d’ « A l’ombre des jeunes filles en fleurs ». Ce sont les Nornes fileuses du temps et du destin. En vieux norrois, Urðr est dérivé de la forme passée (« ce qui est advenu »), Verðandi vient de la forme présent (« ce qui est en train de se dérouler »), Skuld se traduirait par « devrait arriver ». C’est Verðandi, déesse du présent, associée à la pleine lune et à la femme, qui nous dit : « Je vis dans les profondeurs de vos rêves, de vos vies, de vos âmes »