Ce qui arrive

Structure : H2M – Espace d’art contemporain

du 27 novembre 2021 au 20 février 2022

Commissaire d’exposition : Sandra Cattini

Artistes : Gaëlle Foray, Jean-Xavier Renaud, Marc Desgrandchamps

Entrée libre et gratuite

Horaires : du mercredi au dimanche, de 13h à 18h. Fermeture exceptionnelle les 25 et 26 décembre 2021, et le 1er janvier 2022

Site internet de l’H2M
Site internet de Documents d’artistes (Gaëlle Foray)
Site internet de Documents d’artistes (Jean-Xavier Renaud)
Site internet de Documents d’artistes (Marc Desgrandchamps)

La série Chronique (tous les dessins numériques présentés dans cette exposition) a été sélectionnée par
la commission mécénat de la Fondation des Artistes qui lui a apporté son soutien.

Nous avions le désir de construire une exposition qui rassemble le travail autour de l’idée de ruine, à un état de fait. Si nous ne représentons pas directement des ruines, nous sommes tous les trois des observateurs du délitement, tant de nos sociétés que de nos vies. Nous pourrions dire aussi que nous partageons un certain rapport à la mélancolie.

Dans les peintures de Marc Desgrandchamps des figures sans visage, sorte d’archétypes, se télescopent avec des morceaux de nature, de paysages. On y croise des formes éthérés, des aplats quasi géométriques et des traces de pinceaux légères.

Ces effigies fragmentées sont comme des statues antiques dont les morceaux auraient été disséminés sur la toile. Par une grande gestion du vide et des pleins le peintre suggère autant qu’il ne dit et permet au spectateur de nombreuses entrées dans l’image. Desgrandchamps rend l’image perméable en utilisant l’ellipse. Ce qui est peint doit être juste, dans le sens de ni trop ni trop peu. Faire émerger le beau par la sobriété des plans, des couleurs, des formes.

Gaëlle Foray voyage dans le temps en réactivant les traces du passé, confrontant les figures et les formes dans notre présent. Un devoir de mémoire comme un manuel de prévention pour adoucir le délitement. Son mode opératoire procède d’un choix de matériaux particuliers : gravas, fossiles, pierres, mues, photographies familiales. Des squames dérisoires qu’on laisse derrière nous, les résidus d’ères, de familles, d’us et coutumes révolus. Elle sample ces éléments qu’elle prélève et assemble en fictions ou en faux, formant des allers-retours dans le temps qui donnent le tournis, le vertige d’être en vie. Les gestes sont infimes parfois et proposent d’affiner notre perception.

C’est dans un va-et-vient contrasté entre des images à l’écriture sauvage et d’autres propositions pleines de détails, usant des charmes techniques du dessin et de la peinture, que Jean-Xavier Renaud se heurte à l’espace de la représentation. Il hurle notre condition se coltinant les sujets les plus triviaux, ivre de pathos, dans une incapacité à se distancier du réel. Seule la représentation du paysage (même la plus dégradée, celle de la série des entrées de ville avec ses « voisins vigilants » ou celle de ses abords avec ses camions cachant la prostitution) ou bien des animaux (témoins oculaires de nos vaines gesticulations) lui permet de reprendre son souffle.