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Le Promontoire du songe
Puy-de-Dôme
Exposition

Le Promontoire du songe

Etel Adnan, Dove Allouche, Mustapha Azeroual, Léa Belooussovitch, Mireille Blanc, Dirk Braeckman, Claire Chesnier, Raoul De Keyser, Vincent Dulom, Jean-Charles Eustache, Roland Flexner, Marina Gadonneix, Noémie Goudal, Lukas Hoffmann, Rémy Jacquier, Marc Lathuillière, Jérémy Liron, Sébastien Maloberti, Éric Manigaud, Francis Morandini, Jean-Luc Mylayne, Loïc-Yukito Nakamura, NASA, Patrick Neu, Eva Nielsen, Josèfa Ntjam, Anthony Plasse, Sylvain Roche, Hiroshi Sugito, Luc Tuymans

Structure

FRAC Auvergne
Du 01.10.2022
au 31.12.2022

Vernissage

29.09.2022, à 19h

Commissariat

Jean-Charles Vergne, directeur du FRAC Auvergne

Horaires

Ouvert du mardi au samedi, de 14h à 18h et le dimanche, de 15h à 18h. Fermeture les jours fériés et le 24 décembre.

Tarifs

Entrée libre et gratuite

Sites internet

FRAC Auvergne

Crédits visuel : Vincent Dulom, 24 secondes par image – 21092101, 2021 (détail), Vidéo 8K, 28 min, Exemplaire unique, Collection FRAC Auvergne, Acquisition en 2022

Exposition

Le Promontoire du songe

Etel Adnan, Dove Allouche, Mustapha Azeroual, Léa Belooussovitch, Mireille Blanc, Dirk Braeckman, Claire Chesnier, Raoul De Keyser, Vincent Dulom, Jean-Charles Eustache, Roland Flexner, Marina Gadonneix, Noémie Goudal, Lukas Hoffmann, Rémy Jacquier, Marc Lathuillière, Jérémy Liron, Sébastien Maloberti, Éric Manigaud, Francis Morandini, Jean-Luc Mylayne, Loïc-Yukito Nakamura, NASA, Patrick Neu, Eva Nielsen, Josèfa Ntjam, Anthony Plasse, Sylvain Roche, Hiroshi Sugito, Luc Tuymans

Dans Le Promontoire du songe, texte écrit en 1863 resté longtemps confidentiel, Victor Hugo
raconte une expérience visuelle marquante. Il s’agit de l’observation de la surface de la lune
à travers un télescope, de la découverte de ses reliefs et du volcan appelé le Promontoire du
songe. Très vite, il établit une analogie entre la révélation du paysage lunaire et la façon dont
se dévoilent au regard les oeuvres d’art.

Le texte est remarquable dans sa manière de pointer la cécité initiale qui peut être la nôtre
lorsque, pour la première fois, nous découvrons une oeuvre, incrédules et incapables d’en
mesurer la portée. Victor Hugo « ne voit rien », avant que n’advienne un véritable « voyage », une
« irruption de l’aube dans un univers couvert d’obscurité » vécue comme une fulgurance :

« Soudain, brusquement, un jet de lumière éclate, […] puis la clarté augmente, le jour se fait… »

Devant la lune ou face aux oeuvres, le regard découvre. Le terme est riche de sens car il vibre
de la notion d’invention à l’égard d’une chose qui demeurait couverte, dissimulée, masquée,
alors même que nous l’avions devant les yeux. Une oeuvre vue se découvre, se trouve
à découvert, soumise au jugement de celles et ceux qui la regardent. Ce qui n’est plus couvert
se trouve, littéralement, à découvert, en situation de fragilité.

Souvent, comme ce fut le cas pour Victor Hugo, nous constatons notre incapacité à voir, soit
parce que les oeuvres ne se découvrent pas si aisément ou bien parce que nous n’adoptons
pas le bon point de vue, au bon moment. Sommes-nous suffisamment attentifs pour déceler
l’oiseau et son rapport à l’infini dans les photographies de Jean-Luc Mylayne ? Pouvons-nous
faire confiance à une image sans auteur, prise depuis le mât télescopique d’un robot posé sur
Mars ? Que saisir de l’apparente vacuité des peintures de Sébastien Maloberti ou de Loïc-Yukito Nakamura ? Que dire de la fascination chromatique exercée par le film de Vincent Dulom, des épanchements d’encres de Claire Chesnier, de l’insaisissable image de Mustapha Azeroual, de l’oeuvre réalisée dans l’obscurité totale par Anthony Plasse ? Comment ne pas douter de notre résistance à l’illusion devant le film de Noémie Goudal ?

En définitive, si les oeuvres sont à découvert, nous le sommes tout autant devant elles. Nous
devons aller au-delà du désappointement initial. Il nous faut admettre notre aveuglement
premier et accepter le temps indispensable pour discerner, percevoir et faire le voyage auquel
les oeuvres nous invitent. […]

C’est cette expérience du regard que souhaite mettre en lumière cette exposition qui réunit une quarantaine d’oeuvres de la collection du FRAC Auvergne. Elles dévoilent ce qui apparaît, ce qui nous échappe, mais aussi les relations particulières qui se nouent dans leurs rapprochements. Certaines seront abordées dans la remémoration personnelle de la première rencontre ou dans une forme de poétique tandis que d’autres nécessiteront une lecture plus factuelle ou descriptive, simplement parce qu’il n’y a pas de manière univoque de regarder, simplement parce qu’il n’y a, parfois, que peu de choses à voir. Alors, comme Victor Hugo, regardons. Regardons mieux.
Jean-Charles Vergne, Directeur du FRAC Auvergne et commissaire de l’exposition

Le Promontoire du songe