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16e Biennale d'art contemporain - Manifesto of fragility
Rhône
Exposition

16e Biennale d'art contemporain - Manifesto of fragility

Phoebe Boswell, Julian Charrière, Özgür Kar, Mohammed Kazem, Richard Learoyd, Eva Nielsen, Sylvie Selig, Kim Simonsson, Salman Toor, James Webb

Structure

URDLA
Du 14.09.2022
au 31.12.2022

Horaires

Ouvert du mardi au vendredi, de 10h à 18h, et pendant les expositions le samedi, de 14h à 18h

Tarifs

Entrée libre et gratuite

Sites internet

URDLA
Biennale de Lyon

Exposition

16e Biennale d'art contemporain - Manifesto of fragility

Phoebe Boswell, Julian Charrière, Özgür Kar, Mohammed Kazem, Richard Learoyd, Eva Nielsen, Sylvie Selig, Kim Simonsson, Salman Toor, James Webb

URDLA. Un nom difficile à prononcer qui résonne comme un cri sorti de la bande dessinée « Rahan, fils des âges farouches. » Un cri pour sauver d’une destruction assurée les presses construites au XIXe siècle de la dernière imprimerie lithographique commerciale en fonctionnement à Lyon. 

Ainsi naît URDLA, en 1978 à Lyon, au croisement d’un faisceau de fragilités. Celle de l’imprimerie sur laquelle l’association se constitue et dont elle rachète les dettes. Celle du patrimoine technique qu’elle permet de sauver. Celles des techniques ancestrales de l’estampe qui, dans les années 80, ont frôlé en France la disparition, entre autres par l’absence de transmission des savoir-faire et par l’absence d’un apprentissage du goût pour l’image imprimée qui avait pourtant soutenu la création depuis les prémices de la Renaissance, par l’absence d’intérêt des collectionneurs. Ainsi URDLA assurait-elle d’offrir la possibilité aux plasticiens de toutes générations de rencontrer l’image imprimée.

Depuis 1986, URDLA a quitté le petit atelier d’origine, exigu et sombre de Lyon pour s’installer sous les vastes shed baignés de lumière d’une ancienne usine de fabrication et d’apprêt de tulle à Villeurbanne. Ici, l’histoire lyonnaise du textile, les révoltes ouvrières du XIXe siècle et l’histoire des imprimeurs-éditeurs, de leur tentatives de résistance au pouvoir depuis le XVIe siècle se conjoignent symboliquement. […]

Un souci constant anime URDLA ; celui de ne pas se figer dans une application de métiers d’art qui répèteraient sans cesse le souvenir mélancolique d’un passé glorieux & perdu. Bien au contraire, il s’agit chaque jour, avec chaque nouvel artiste reçu d’être un laboratoire de recherches appliquées au développement et à l’adaptation les techniques au monde d’aujourd’hui, aux désirs et aux problématiques des plasticiens de notre temps, de maintenir un dialogue quotidiennement renouvelé entre le passé et les lendemains.

Les espaces d’expositions assurent à URDLA un lieu qui manifeste son éthique et lui permettent de poursuivre cette articulation de l’image imprimée à la création plastique. Notamment en plaçant la pratique e l’estampe originale au sein des autres média utilisés par les artistes. L’estampe originale d’aujourd’hui n’est plus réservée au porte-feuille de l’amateur d’estampes caricaturé par Honoré Daumier, ni aux seuls cabinets d’arts graphiques, elle converse avec les installations, les films, la peinture… C’est pourquoi la très grande part des artistes invités à URDLA découvrent les techniques au moment de leur première résidence. Cette volontaire mise en état de fragilité accompagnée ouvre d’enthousiasmants champs de possibles pour les plasticiens.

Ainsi en a-t-il était pour les deux artistes choisies à l’occasion de Manifesto of Fragility. Quarante ans les séparent, pourtant c’est avec la même énergie de la découverte et de l’émerveillement que chacune a apprivoisé la technique qui lui offrait le plus de liberté et de connivence. 

Pour Sylvie Selig (1942, Nice, France) il s’agit de la taille-douce. Les scènes narratives et fantastiques, où animaux, femmes et hommes sont entraînés dans une joyeuse danse érotique et macabre, ont été gravé sur le miroir de plaques de cuivre. La finesse de la pointe sèche ou la morsure des acides permettant à l’image imprimée de sembler sortir de la feuille de papier. La fine tension du trait gravé rejouant la langue de ses dessins et de ses broderies.

La découverte de la lithographie permit à Phoebe Boswell (1982, Nairobi, Kenya) d’augmenter l’amplitude de sa recherche de nouveaux langages suffisamment robustes, ouverts et polyvalents pour accueillir et amplifier des voix et des histoires qui, comme la sienne, sont souvent marginalisées, mise à l’écart du fait de leur altérité.

Chacune à sa manière évoquent le corps touché par la fragilité. Ainsi lors de Manifesto of Fragility à URDLA les estampes de Sylvie Selig et Phoebe Boswell, imprimées et éditées à URDLA, accompagnées de photographies et d’installations vidéo et sonores, de sculptures et de peintures de : Richard Learoyd, Özgür Kar, James Webb, Kim Simonsson, Salman Toor, Julian Charrière, dessineront, les points de fragilité de nos différents corps : physique, imaginaire et représenté.
Cyrille Noirjean

16e Biennale d'art contemporain - Manifesto of fragility