FRAC AUVERGNE / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // HAUTE-LOIRE

Le spectacle du monde

du 20 septembre au 15 novembre 2018

Adam Adach, Darren Almond, Denis Laget, Silke Otto-Knapp, Georges Rousse, Nils Udo, Marie Zawieja et Xavier Zimmermann

Vernissage : le 20 septembre à 18h

Commissaire de l'exposition : Laure Forlay

Horaires : du mardi au samedi de 14h à 18h et les matins sur rendez-vous, dimanches compris

Entrée libre et gratuite

Lieu : Château des Evêques, 4 bis allée du Château, 43100 Monistrol-sur-Loire

Site internet du FRAC Auvergne
Site internet du Château des Évêques

Faire face à l’immensité d’un océan ou d’une chaîne de montagnes constitue toujours une expérience mêlée de sublime et d’intense fascination. Pourtant, apprécier la beauté de ces espaces n’a pas toujours été si évident et pour s’en convaincre il suffit de regarder la manière dont la montagne a longtemps été perçue. Qualifiée "d’affreux pays" par Montesquieu, longtemps contournée par les voyageurs qui ne voyaient en elle qu’un lieu de danger accablé de maladies effrayantes, il faut attendre le XVIIIe siècle pour que la montagne devienne un sujet d’admiration. Et le constat pourrait être le même pour la mer, le désert, les volcans, réduits pendant longtemps à leur seule utilité scientifique.

Cette évolution du regard peut s’expliquer en partie par l’évolution de la notion de paysage. En effet, jusqu’au siècle des Lumières, ces environnements étaient ce que le philosophe Alain Roger appelle des "pays" - et non des paysages : "Le pays, c’est en quelque sorte le degré zéro du paysage [...]. Voilà ce que nous enseigne l’histoire, mais nos paysages sont devenus si familiers, si «naturels» que nous avons accoutumé de croire que leur beauté allait de soi ; et c’est aux artistes qu’il appartient de rappeler cette vérité première, mais oubliée : qu’un pays n’est pas d’emblée un paysage et qu’il y a de l’un à l’autre toute l’élaboration de l’art". Pour Alain Roger, l’art nous aurait "appris", à travers ses représentations, à apprécier ces environnements - soulignant au passage que ce que nous pensions être un sentiment tout à fait naturel serait en fait un héritage culturel...
Laure Forlay
Chargée des publics au FRAC Auvergne
Commissaire de l’exposition