MUSÉE D'ART MODERNE ET CONTEMPORAIN DE SAINT-ETIENNE MÉTROPOLE / AUVERGNE-RHÔNE-ALPES // LOIRE

L'ornement est un crime

du 30 juin au 6 janvier 2019

Michaël Thonet, Josef Hoffmann, Marcel Breuer, Le Corbusier, Charlotte Perrland, Charles et Ray Eames, Arne Jacobsen, Jean Prouvé, Dieter Rams, Joe Colombo...

Vernissage : le 29 juin à 18h30

Commissaire d'exposition : Agnès Lepicard

Horaires : du lundi au dimanche de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h

Entrée payante (visite libre) : tarif plein : 2€ / gratuité

Structure : La Cité du design

Site internet de la Cité du design
Site internet du MAMC

Le MAMC+ et la Cité du design coproduisent cette exposition dans un double objectif de valorisation d'un fonds remarquable et de sensibilisation au design historique et contemporain. La collection design du MAMC+, est en effet l'une des plus importantes en France, véritable référence au niveau national. La Cité du design - acteur majeur d'un écosystème innovant - a pour mission de rendre le design accessible au plus grand nombre. 

Cette collaboration est donc une belle occasion pour ces deux structures culturelles majeures de la Métropole de Saint-Étienne d'unir leurs compétences vers la réalisation d'un projet commun.

La Cité du design et le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole vous proposent un aperçu de la collection de design du MAMC+. 

L'exposition met en lumière l'interdit qui frappe l'ornement dans la production artistique au XXe siècle (1910-1970).
L'ornement est partout, de la façon la plus naturelle qui soit, dans la manière d'agrémenter nos corps, d'embellir nos maisons et de fleurir nos villes. Pourtant, au début du XXe siècle, se développe la conviction que l'ornement doit disparaître. En 1908, l'architecte et designer Adolf Loos (1870-1933) publie Ornement et crime, violent pamphlet contre « le fléau ornementaliste de l'art ».
Cette condamnation sans appel accompagne la rapide industrialisation de l'Occident. L'heure est aux formes simples, à la valorisation du support au détriment du décor. Une transformation qui fait écho à l'histoire de Saint-Étienne, haut-lieu de la révolution industrielle et de ses « manufactures ».

Considéré comme inutile, bourgeois et primitif, l’ornement est, pour les tenants de la modernité, « une survivance du passé », un archaïsme barbare qu’il faut éradiquer.

Du tournant de la Deuxième Guerre mondiale à la remise en cause du fonctionnalisme
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la question de l'ornement prend un nouveau tournant. Les designers, qui ont participé à l'effort de guerre, sont en première ligne de la reconstruction. Les solutions expérimentées dans les années 1930 connaissent une véritable accélération : rationalisation de la production, préfabrication, remise à l'honneur du bois dans un contexte de pénurie de l'acier.
Dans les années 1950, l'idéologie fonctionnaliste est à son apogée. L'exposition consacre notamment une section à Dieter Rams et à l'école d'Ulm, qui plaident pour un design d'une sobriété absolue. Pourtant, des voix s'élèvent déjà contre le fonctionnalisme froid, symbole d'une modernité devenue quelconque et des effets pervers de la société de consommation. Le mouvement hippie et la culture pop réhabiliteront les valeurs que le modernisme avait évacuées : couleurs vives, formes rondes, mousses et tissus, etc.